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    Changer de stratégies pour mieux contrôler les cancers ?

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    Revue co-signée par Emmanuel Donnadieu

    Alors que de nombreux traitements anticancéreux peuvent initialement être très efficaces,

    les tumeurs réapparaissent souvent et se propagent lorsque les cellules cancéreuses restantes développent une résistance au traitement. Pour lutter contre ces rechutes, une revue co-signée par Emmanuel Donnadieu et publiée dans la revue PLOS Biology propose de tirer les leçons de notre propre système immunitaire et d’explorer les « thérapies adaptatives naturelles ».

    Dans la lutte contre le cancer, le dogme est d’essayer de frapper suffisamment fort afin d’éliminer le plus de cellules tumorales, le plus rapidement possible. Or, pour l’instant les traitements basés sur les chimiothérapies n’ont montré qu’une efficacité limitée avec de nombreuses rechutes et des toxicités parfois sévères.

    Dans cette revue, les chercheurs proposent d’opter pour des stratégies anti-tumorales consistant à contenir les cellules cancéreuses sans les faire totalement disparaitre. Ils s’appuient sur la théorie dite adaptative qui propose que l’organisme a développé des réponses anticancéreuses qui ralentissent l'évolution des cellules tumorales sans chercher à les exterminer. Précisément, une sélection trop forte pourrait conduire à l’émergence de cellules malignes totalement résistances. Cette notion est étayée par de nombreux travaux montrant comment la réponse du système immunitaire de l’hôte s’adapte pour stabiliser la tumeur sans l’éliminer. La preuve : dans une tumeur en progression, les travaux de l’équipe d’Emmanuel Donnadieu indiquent que les lymphocytes T sont souvent incapables d’atteindre les cellules cancéreuses et donc de les détruire. Les auteurs explorent également le risque que les immunothérapies anticancéreuses puissent forcer le système immunitaire à tuer rapidement les cellules malignes, accélérant ainsi l'évolution de cellules hyper résistantes. Ne pas chercher à éradiquer toutes les cellules cancéreuses permettrait de conserver une diversité de cellules malignes sans favoriser les plus agressives et permettre ainsi au système immunitaire de rester efficace face à des tumeurs chroniques dont l’expansion serait alors contrôlée.

     

    Légende image

    cellules tumorales résistantes au traitement, vues en microscopie.
    Copyright : ©CULTURA/IMAGE SOURCE / BSIP

     

    Référence

    Frédéric Thomas, Emmanuel Donnadieu, Guillaume M. Charriere, Camille Jacqueline, Aurélie Tasiemski, Pascal Pujol, François Renaud, Benjamin Roche, Rodrigo Hamede, Joel Brown, Robert Gatenby, Beata Ujvari. Is adaptive therapy natural? PLOS Biology, 2018; 16 (10): e2007066 DOI: 10.1371/journal.pbio.2007066

    Cette publication a fait l’objet d’un article dans le journal Le Monde.

     

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