Institut de recherche biomédicale
     
    Vous êtes ici : Accueil / L'Institut / Actualités / Défense contre le VIH-1: une nouvelle activité protectrice des IgA révélée

    Défense contre le VIH-1: une nouvelle activité protectrice des IgA révélée

    •  
    Une étude dirigée par Morgane Bomsel

    En cas d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine de type-1 (VIH-1) par voie sexuelle,

    des immunoglobulines de type A (IgA) anti-virales sont produites au niveau de la muqueuse génitale. Comment les IgA participent-elles à la lutte contre le VIH-1 ?

    Dans cette étude, l’équipe de Morgane Bomsel révèle une nouvelle activité protectrice des IgA : leur capacité à induire la lyse des cellules infectées par le VIH-1. Ces résultats révèlent l’importance de mesurer cette nouvelle activité dans le cadre d’une évaluation complète de l’efficacité d’un vaccin et dans les tests diagnostiques d’infection récente. Enfin, cette propriété pourrait être exploitée pour éradiquer les réservoirs viraux persistants chez les personnes séropositives sous trithérapie. Ces résultats ont été publiés le 29 mars 2018 dans la revue Frontiers in Immunology.

    La transmission du VIH-1 est majoritairement liée aux rapports sexuels non protégés qui mettent en contact les muqueuses génitales d’un partenaire avec les sécrétions génitales infectées de l’autre partenaire. L’équipe de Morgane Bomsel s’intéresse aux réponses immunes développées localement au niveau des muqueuses génitales en cas d’infection par le VIH-1. En effet, la compréhension de ces mécanismes de défense peut se révéler très utile pour mettre au point des stratégies antivirales mais aussi pour évaluer l’efficacité d’une approche vaccinale contre le VIH-1. 

    Au niveau des muqueuses génitales, deux familles d’anticorps agissent pour lutter contre l’infection par le VIH-1: les immunoglobulines de type A, IgA, produites localement et les immunoglobulines de type G, IgG, qui circulent habituellement dans le sang. Ces deux familles d’anticorps ont plusieurs propriétés et notamment la capacité à neutraliser le virus. Les IgA sont aussi connues pour leur capacité à bloquer le passage du virus au travers de la muqueuse par un phénomène appelé transcytose et les IgG, pour leur rôle essentiel dans la lyse des cellules infectées par le VIH comme les lymphocytes T CD4+.

    Dans cette nouvelle étude, l’équipe de Morgane Bomsel a mis en lumière une propriété anti-virale des IgA inconnue jusqu’à présent: l’induction de la lyse des cellules infectées par le VIH-1 (les lymphocytes T CD4+) selon un mécanisme identique à celui des IgG. De plus, les auteurs ont montré que IgA et IgG coopèrent pour induire une lyse ciblée plus efficace des cellules infectées par le VIH-1.

    Ces résultats ont des implications cliniques majeures pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ils révèlent l’importance de mesurer les activités lytiques des IgA, des IgG et de leur combinaison lors de l’évaluation l’efficacité d’un vaccin. De plus, les anticorps à activité lytique étant produits très tôt après le premier contact avec le VIH-1, la mesure respective des activités lytiques induites par les IgA, les IgG et de leur association pourrait permettre de diagnostiquer avec plus de sensibilité une infection récente. Enfin, les propriétés d’induction lytique, coopératives de ces deux anticorps pourrait être exploitées pour éradiquer les réservoirs viraux persistants chez les personnes séropositives sous trithérapie antirétrovirale.

     

    Contact