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    Le taux de génome intégré du VIH prédit la progression vers le SIDA

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    Une étude dirigée par Véronique Avettand-Fenoel (équipe F.Margottin-Goguet & C.Pique)

    Le génome viral intégré (forme provirale) s’installe dans les premiers mois après la contamination et constitue le moteur de l’infection à VIH.

    La présence de cellules infectées contenant le génome viral intégré du VIH au génome cellulaire représente l’obstacle majeur à l’éradication virale. Les antirétroviraux induisent le contrôle de la multiplication du virus mais ne permettent pas d’exciser ces génomes viraux intégrés. Ces formes provirales, particulièrement stables au sein des cellules infectées, persistent au long cours dans tout l’organisme. Une étude du groupe de Véronique Avettand-Fenoel de l’Institut Cochin (équipe F.Margottin-Goguet & C.Pique), publiée dans la revue Ebiomedicine, montre qu’en début d’infection, les formes provirales sont relativement peu fréquentes, puis deviennent progressivement majoritaires aux dépens des génomes viraux non intégrés en l’absence de traitement antirétroviral. Le taux de ces formes virales intégrées s’avère être le véritable moteur de l’infection et être prédictif du risque de progression de la maladie.

    Pour la première fois, et grâce à l’accès aux collections de prélèvements cellulaires des cohortes nationales PRIMO et SEROCO de l’Agence Nationale de Recherches sur le SIDA et les hépatites virales (ANRS) et aux données recueillies, le groupe de Véronique Avettand-Fenoel en collaboration avec l’équipe de Laurence Meyer (INSERM U1018) montre que dans les cellules sanguines prélevées au moment de la primo-infection VIH, le génome viral rétro-transcrit sous forme d'ADN VIH est majoritairement composé de formes virales labiles, non intégrées au génome cellulaire. Dans les trois premiers mois de l’infection, la proportion de formes intégrées stables et persistantes est faible, de 12% en médiane. La proportion de ces formes augmente progressivement pour atteindre 65% dans les 3 à 12 mois qui suivent la contamination, chez des personnes non traitées. De plus, l’étude montre qu’en l’absence de traitement, les réservoirs viraux continuent d'augmenter dans les six années suivantes. Le niveau de cet ADN VIH intégré, variable selon les patients, se révèle être un marqueur très prédictif de l'évolution rapide vers le SIDA (risque relatif ajusté aRR : 2,63), indépendamment du niveau de réplication virale (charge virale ARN VIH).

    Ces résultats permettent de proposer un modèle d'évolution de la composition virale des réservoirs et de montrer que les traitements tardifs ne peuvent pas avoir un très grand impact sur les formes intégrées très nombreuses. A l'inverse, les traitements initiés dès la primo-infection ont un fort impact, en bloquant l’implantation de ces formes virales intégrées stables et l’établissement des réservoirs cellulaires, protégeant ainsi l’atteinte du système immunitaire. Ces données renforcent la nécessité d’un dépistage précoce de l’infection pour permettre aux personnes vivant avec le VIH un accès rapide aux antirétroviraux.

     

    Pour en savoir plus

    Pauline TRÉMEAUX, Tiphaine LENFANT, Faroudy BOUFASSA, Asma ESSAT, Adeline MÉLARD, Marine GOUSSET, Olivier DELELIS, Jean-Paul VIARD, Marc BARY, Cécile GOUJARD, Christine ROUZIOUX, Laurence MEYER, Véronique AVETTAND-FENOEL, for the ANRS SEROCO and PRIMO Cohorts. Increasing contribution of integrated forms to total HIV DNA in blood during HIV disease progression from primary infection. EBiomedicine. DOI 10.1016/j.ebiom.2019.02.016

                     

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