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    Le traitement par la mélatonine de souris infectées atténue la COVID-19

    Équipes Ralf Jockers et Morgane Bomsel

    Potentiel thérapeutique de la mélatonine et de ses médicaments dérivés dans un modèle murin de COVID-19 infecté par le virus SARS-CoV-2

     

    L'étude menée par l'équipe de Erika Cecon / Julie Dam/ Ralf Jockers, en collaboration avec les équipes de Morgane Bomsel et de Sophie Le Poder / Bernard Klonjkowski (École Nationale Vétérinaire d'Alfort, Maisons-Alfort) a mis en évidence le potentiel thérapeutique de la mélatonine et de ses médicaments dérivés sur un modèle animal de la COVID-19, infecté avec le SARS-CoV-2. Ce travail, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Pineal Research, a été financé par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR-RA-COVID-19: ANR-20-COV4-0001).

     

    Cette étude est à replacer dans le contexte de la pandémie de l’infection par le SARS-CoV-2 dans laquelle les options thérapeutiques pour lutter contre l'infection doivent encore être étudiées et définies rapidement. À cette fin, Erika Cecon, Julie Dam et Ralf Jockers en collaboration avec leurs partenaires, ont évalué l'impact de la mélatonine et de ses médicaments dérivés (agomelatine et ramelteon) dans un modèle murin préclinique de COVID-19. Cette étude a été motivée par de multiples allégations dans la littérature suggérant que la mélatonine pouvait potentiellement aider à réduire les symptômes de COVID-19. Cependant, des données expérimentales faisaient totalement défaut.

    La mélatonine, aussi appelée hormone de l’obscurité, est produite dans le cerveau et sa sécrétion, inhibée en présence de lumière, est stimulée quand il fait nuit. Cette hormone permet de réguler le cycle circadien, tel que l’alternance veille/sommeil. La mélatonine et ses médicaments dérivés sont actuellement prescrits pour traiter le décalage horaire (jet -lag), certains troubles du sommeil, ou certains désordres dépressifs majeurs.

     Les chercheurs ont étudié le potentiel thérapeutique des composés de la mélatonine dans un modèle murin (K18-ACE2 humain) où le récepteur principal de SARS-CoV-2 chez la souris, ACE2, est remplacé par son homologue humain, pour sa forte susceptibilité à l'infection intranasale par le SARS-CoV-2. Ce modèle expérimental résume les symptômes observés chez les patients atteints de la COVID-19 sévère, y compris les lésions pulmonaires, la détresse respiratoire, l'orage cytokinique et la mortalité.

     

     

    Légende :

    Le traitement avec la mélatonine (2 doses), l’agomelatine (AgoMLT) et le ramelteon (RML) diminuent les taux exacerbés des interférons de type I et III dans les poumons des souris infectées, 7 jours après l’infection par le SARS-CoV-2

     

     

     

    L'étude a montré que l'administration quotidienne de mélatonine, d'agomélatine ou de rameltéon, et particulièrement de la dose la plus élevée de mélatonine, retarde l'apparition des symptômes cliniques, augmente la survie des souris infectées et limite les niveaux exacerbés d'interférons dans leurs poumons, suspectés de participer à l'amélioration des symptômes.

    Les données prometteuses résultant de ce travail devraient encourager de nouvelles études cliniques tournées spécifiquement sur un traitement thérapeutique combiné associant la mélatonine contre la COVID-19.

     

    En savoir plus

    Erika CeconCharlotte IzabelleSophie Le PoderFernando RealAiwei ZhuLy TuMaria Rosa GhignaBernard KlonjkowskiMorgane BomselRalf JockersJulie DamTherapeutic potential of melatonin and melatonergic drugs on K18-hACE2 mice infected with SARS-CoV-2J Pineal Res202100:e12772. https://doi.org/10.1111/jpi.12772

     

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