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    Un neuropeptide naturel active la dégradation du VIH-1 par le protéasome

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    Etude de l'équipe Morgane Bomsel

    Lors de la transmission sexuelle du VIH-1, le virus est rapidement internalisé par les cellules de Langherans (CLs) qui le transfèrent ensuite aux lympocytes TCD4+ productrices de virions.

    Ce processus est appelé trans-infection. Des chercheurs de l’Institut Cochin ont montré que le CGRP, Calcitonin Gene-Related Peptide, un neuropeptide naturellement sécrété par les neurones périphériques, augmente l’efficacité de dégradation intracellulaire du VIH-1 par les CLs. En effet, ce neuropeptide oriente le virus vers la voie de dégradation rapide et efficace du protéasome, ce qui limite le nombre de virus disponibles pour la trans-infection vers les lymphocytes TCD4+. Renforcer la dégradation du VIH-1 par le protéasome dans les CLs constitue une voie prometteuse de lutte contre la transmission sexuelle du VIH-1. Cette étude est publiée le 1er décembre 2017 dans la revue Journal of Virology.

    Lors du contact des épithélia génitaux avec le VIH-1, le virus est rapidement internalisé par les cellules de langherans (CLs). Dans ces cellules, les virions infectieux qui échappent à la dégradation intracellulaire sont transférés aux lymphocytes T CD4+. C’est la première phase d’un processus appelé trans-infection. Les CLs produisent peu de virions de novo mais sont capables de les transférer aux lymphocytes T CD4+, c’est la seconde phase de trans-infection.

    Les CLs sont en contact direct avec les neurones périphériques qui innervent l’épithélium muqueux. Lors d’une stimulation mécanique ou thermique, les neurones sécrètent un neuropeptide, le CGRP, Calcitonin Gene-Related Peptide, qui module les fonctions des CLs. Dans une étude antérieure, l’équipe de Morgane Bomsel a montré que le CGRP inhibe fortement la trans-infection en atténuant notamment les interactions initiales entre VIH-1 et CLs.

    Dans le présent article, Y. Ganor et M. Bomsel montrent que le CGRP agit à un niveau intracellulaire en augmentant l’efficacité de dégradation du VIH-1 par les CLs. En effet, les études réalisées in vitro sur des CLs en culture ont montré qu’en absence de CGRP, le VIH-1 est dégradé par la voie des endolysosomes. En revanche, en présence de CGRP, le virus est dirigé vers une voie plus rapide et plus efficace de dégradation intracellulaire par le protéasome, limitant ainsi le nombre de virions trans-infectés vers les lymphocytes T CD4+.

    Le CGRP est un puissant vasodilatateur qui joue un rôle important durant les rapports sexuelle. Les resultats de ces travaux suggèrent que le CGRP contrôle aussi la transmission sexuelle du virus en activant la dégradation des virus HIV1 par le protéasome. Développer des stratégies pour renforcer la dégradation de VIH-1 par la voie du protéasome dans les CLs pourrait donc permettre de lutter contre la transmission sexuelle du VIH-1.

     

    Légende figure

    Rôle des voies de dégradation du VIH-1 dans les cellules de Langherans (CLs) lors de l’infection des lymphocytes T CD4+. Au contact du VIH-1, les cellules de Langherans (CLs) internalisent le virus qui emprunte la voie des endo-lysosomes.
    Panneau de gauche : CLs en absence de neuropeptide CGRP. En absence de CGRP, une fraction des virions VIH-1 est dégradée dans les lysosomes. Les virions qui echappent à cette dégradation sont transférés aux lymphocytes T CD4+.
    Panneau de droite : CLs in vivo, durant le rapport sexuel. Le CGRP sécrété par les neurones périphériques se lie à son récepteur membranaire exprimé par les CLs. Cette interaction dirige le VIH-1 vers la voie de dégradation par le protéasome. La dégradation par le protéasome étant plus efficace, la quantité de virus transférée vers les lymphocytes T CD4+ est notablement réduite. 

     

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